À propos de l'étude

Ce texte de vulgarisation résume le chapitre de Karl Normandin, sous la direction de Sylvie Ouellet, « L’engagement parental dans l’apprentissage de l’anglais langue seconde au primaire », publié en 2015, dans Relations éducatives et apprentissage : regards diversifiés de professionnels en éducation et futurs chercheurs, Québec, Presses de l’Université du Québec, p. 111-117.

  • Faits saillants

  • L'apprentissage de l'anglais au primaire serait facilité pour les enfants qui bénéficient du soutien de leurs parents.
  • Le parent a la possibilité d’adopter une approche plus personnalisée que l’enseignant et ainsi permettre à son enfant d’apprendre selon ses particularités et à son propre rythme.
  • Les auteurs suggèrent que l’apprentissage de l’anglais devrait être encouragé plutôt qu’imposé. Le parent peut, notamment, l’intégrer dans les activités quotidiennes, comme le visionnement de films en anglais ou la lecture de livres de langue anglaise.

Avoir plus de possibilités d’emploi, être ouvert sur le monde, voyager plus facilement, développer son cerveau… apprendre l’anglais a de multiples bénéfices! Pas étonnant, alors, que l’anglais langue seconde (L2) figure parmi les directives du ministère de l’Éducation du Québec dès la première année. Comment favoriser cet apprentissage chez l’enfant du primaire? Entre autres, par la participation des parents.

Le livre Relation éducatives et apprentissage, rédigé par des étudiants à la maîtrise en éducation, explore les relations entre l’éducateur et l’élève ainsi que leur incidence sur la réussite scolaire. Dans le chapitre « L’engagement parental dans l’apprentissage de l’anglais langue seconde au primaire », on traite plus particulièrement du rôle-clé des parents dans l’acquisition d’une nouvelle langue chez leurs enfants. On y présente également quelques techniques pouvant être utiles aux parents désirant favoriser l’apprentissage de l’anglais chez leurs enfants.

Des résultats mitigés

Le programme d’anglais langue seconde comprend trois « compétences » : interagir oralement en anglais, réinvestir sa compréhension des textes et écrire et produire des textes. Par exemple, pour la composante liée à l’écriture, l’enfant devrait pouvoir écrire des textes courts et bien structurés à la fin de la 4e année[1]. Ensuite, à la fin de la 6e année, il devrait parvenir à « écrire des textes variés, structurés et pertinents, respectant les conventions linguistiques. » Toutefois, selon l’auteur, il arrive souvent que les élèves n’arrivent pas à atteindre ce niveau.

Comment expliquer cet échec? Entre autres, par le petit nombre d’heures consacrées à l’apprentissage de cette langue à l’école. Il arrive aussi que les cours soient trop espacés, ce qui nuit à l’apprentissage des enfants. Selon l’auteur, le soutien des parents pourrait pallier ces lacunes, en permettant à l’enfant de pratiquer son anglais entre les cours.

Cinéma et voyage

Chaque enfant apprend d’une façon unique, selon son rythme. Le parent peut adopter une approche beaucoup plus personnalisée que l’enseignant, et ainsi permettre à son enfant d’apprendre selon ses propres intérêts et ses particularités.

Le parent peut également démontrer à l’enfant en quoi les apprentissages faits à l’école sont utiles dans divers contextes : écouter des films dans leur langue originale, pouvoir communiquer efficacement en voyage, s’ouvrir sur une nouvelle culture, etc. Éventuellement, l’enfant devient autonome et utilise lui-même ses nouvelles connaissances dans de nouvelles situations.

L’apprentissage par le jeu

Le rôle du parent est avant tout de permettre à l’enfant de « trouver un sens » à l’apprentissage de l’anglais langue seconde. Une manière intéressante d’y parvenir est d’utiliser un contexte ludique : lire en anglais, jouer à des jeux en anglais, etc. Évidemment, l’apprentissage de l’anglais devrait être encouragé plutôt qu’imposé. L’auteur propose quelques astuces.

« En utilisant l’anglais sous forme d’activités diverses, mais routinières, les parents peuvent démontrer à l’enfant que l’anglais est une langue vivante et utile, alors que certains peuvent la percevoir comme une simple matière scolaire obligatoire. »

Et si les parents ne parlent pas anglais?

Le soutien des parents favorise l’apprentissage de l’anglais langue seconde chez les enfants du primaire. Les parents peuvent personnaliser leur approche pour qu’elle convienne à leur enfant et l’aider à développer un intérêt pour cette nouvelle langue. Il serait intéressant de comparer la situation des familles dont les parents parlent, ou pas, l’anglais. De quelle manière ceux qui ne connaissent pas la langue peuvent-ils soutenir leur enfant? Le niveau d’anglais des parents a-t-il une incidence sur les résultats scolaires de l’élève?

 

 

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[1] Programme de formation de l’école Québécoise (PFEQ) du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ), 2001.